Le projet de budget 2020 de la Ville de Genève est déficitaire à hauteur de 30 millions de francs. Ce résultat est conforme aux effets attendus de la réforme fiscale et du financement de l’AVS (RFFA), qui entrera en vigueur en janvier.

Les charges s’élèvent à 1,194 milliard de francs, tandis que les revenus nets sont estimés à 1,164 milliard. Conséquence de la RFFA, les revenus fiscaux diminuent de 14,8 millions, dont une baisse de 33,8 millions des revenus liés aux entreprises. Le volet cantonal de la réforme prévoit une compensation pour les crèches et une quote-part de l’impôt fédéral direct de 21,1 millions au total en 2020.

« Sans le déficit lié à la RFFA, le projet de budget serait équilibré, comme celui des années précédentes », a commenté mercredi devant les médias la conseillère administrative Sandrine Salerno, en charge des Finances. La Ville de Genève prévoit que les déficits liés à la réforme seront absorbés en 2025.

Nouveaux postes

Le projet de budget prévoit une augmentation des charges nettes de 42,4 millions, un montant qui correspond plus ou moins aux comptes 2018. « Les comptes sont souvent légèrement excédentaires », a relevé la grande argentière socialiste. L’exécutif propose de créer 39 postes en 2020, dont certains sont demandés par le Conseil municipal (législatif).

Conformément à l’objectif d’augmenter le nombre de places de crèche, 2 millions permettront de créer 109 places. Dès 2020, les personnes sans domicile ne seront plus hébergées dans des abris en sous-sol mais dans des bâtiments loués, ce qui engendrera un surcoût de 300’000 francs. Et à la suite de l’audit explosif sur les notes de frais, 4,5 nouveaux postes seront dédiés au système de contrôle interne.

Par ailleurs, la subvention à la Nouvelle Comédie augmentera de 4,3 millions pour assurer le fonctionnement de l’institution. Enfin, la Ville veut mieux lutter contre les discriminations en augmentant les subventions à certaines associations. Elle entend aussi renforcer ses actions en matière de transition écologique.

Année électorale

Quant aux investissements, ils se montent toujours à 130 millions. En raison du déficit de 30 millions, le taux d’autofinancement baisse à près de 56%. La Ville doit réaliser des infrastructures publiques près de la nouvelle gare des Eaux-Vives ainsi que les aménagements autour des deux gares du Léman Express situées sur son territoire.

Sandrine Salerno ne se prononce pas sur l’accueil que le Conseil municipal fera au dernier projet de budget de la législature: « Je n’arrive pas à évaluer si le fait d’être en année électorale aura un impact positif ou négatif. » Et de rappeler que le climat de cette législature a été « assez tendu », les deux premiers exercices budgétaires ayant fait l’objet de referendums.

Source : ATS

Radio Lac