Accueil Revue de presse Les avocats de la défense traquent les failles de l’enquête

Les avocats de la défense traquent les failles de l’enquête

Trois hommes comparaissent actuellement devant la cour d’appel de Lyon. Ils sont accusés d’avoir participé au braquage du bureau de change Migros de Chêne-Bourg, il y a huit ans. Un braquage qui a marqué les esprits par sa violence. L’ambiance était électrique dès l’ouverture de ce second procès, mercredi dernier, est ce que la tension est retombée depuis?

Marie Prieur

Apparemment non. Ce qui se passe comme nous le disait le journaliste spécialiste du banditisme lyonnais Richard Schittly, qui couvre le procès, c’est que les trois accusés jouent leur va tout. A l’issue du procès en première instance, deux d’entre eux ont écopé de lourdes peines. 16 et 18 ans de prison. Ils n’ont donc plus grand chose à perdre dans ce procès en appel. Le troisième, lui, a été acquitté pour le braquage et a pris 4 ans pour recel de voitures. Lui aussi joue gros. D’où la tension palpable dans la salle d’audience. Si on ajoute à cela la présence de l’avocat tonitruant Me Bernard Ripert, qui défend l’un des braqueurs, on obtient un procès sous tension. Me Ripert, c’est l’avocat historique de l’organisation armée d’extrême gauche Action Directe. Il est connu pour ses coups d’éclats en audience et a même été un temps interdit d’exercer.

Et Me Ripert a aussi donné de la voix pendant ce procès?

Exactement. Son but, c’est de remettre en cause toute l’enquête, de faire vaciller l’accusation. Bernard Ripert a essayé d’inviter dans le dossier le commissaire Neyret. Bernard Ripert fait référence à une lettre anonyme qu’a reçu un avocat suisse. L’auteur du courrier affirme que le commissaire Neyret, l’ex numéro deux de la police judiciaire, aurait commandité le braquage du bureau de change. Une thèse que le directeur d’enquête français, le commandant Gilles Maisonnette a jugé “grotesque”. C’est le mot que l’enquêteur a employé à la barre. Gilles Maisonnette est venu témoigner jeudi et vendredi dernier. C’était le moment fort de ce procès. Il a passé 7h en tout à répondre aux questions de la cour et des avocats. Ceux de la défense ont tout fait pour tenter de le déstabiliser et démontrer qu’il y avait des failles dans l’enquête. Mais ce spécialiste du banditisme lyonnais est solide.
Concernant la suite du procès, l’avocat général devrait faire son réquisitoire demain. Il y aura une pause dans le procès jeudi 1er novembre, férié en France. Puis, le verdict est attendu vendredi.

@marie_prieur

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