Accueil Revue de presse Discours du Conseil des Jeunes - 11/11/18

Discours du Conseil des Jeunes – 11/11/18

Discours CMJ pour la cérémonie du 11 novembre 2018

Mesdames et messieurs les élu-e-s, …, mesdames et messieurs,

Le Conseil Municipal des Jeunes est fier de représenter la commune en ce jour de commémoration si important pour la mémoire de la France. Le conseil des jeunes a vu le jour dans la commune de Machilly en juin 2018. Son objectif est de donner la parole aux jeunes afin d’améliorer leur quotidien dans la commune, leur apprendre à gérer des projets et les initier à l’apprentissage de la citoyenneté. Cette citoyenneté se construit notamment autour du devoir de mémoire. C’est pour cela qu’il nous semblait important que le Conseil des Jeunes participe activement à cette commémoration.

Il y a 100 ans jour pour jour, le 11 novembre 1918, un armistice était enfin signé, mettant fin à 4 années d’une guerre dévastatrice, non seulement à l’échelle de l’Europe, mais au niveau mondial. Ce conflit causa des millions de morts militaires et civils, et la destruction de nombreuses villes et villages. Aujourd’hui, les témoins vivants de cette page sombre de l’histoire sont peu nombreux, les « poilus » ne sont plus. C’est désormais aux jeunes de perpétuer la mémoire et transmettre à leur tour l’Histoire afin de continuer à maintenir le fragile équilibre de la paix. Après 1918, la Société des Nations a été créée pour éviter que ce genre de guerre ne se reproduise, mais la 2eme Guerre Mondiale a quand même eu lieu avec encore plus de morts et de destruction. Les jeunes ont la lourde responsabilité de retenir les leçons du passé pour éviter un 3ème conflit mondial.

Nous nous recueillons aujourd’hui dans la paix, grâce à ceux qui ont combattu pour que nous puissions en bénéficier. Nous les honorons et les remercions pour leur courage, afin que leur mort ne soit pas vaine et qu’ils demeurent dans la mémoire, non seulement de leurs proches mais aussi dans la nôtre et, à travers nous, dans celle des générations futures. Pour cela, se pencher sur la correspondance des poilus nous permet de comprendre leur quotidien, il existe de nombreux carnets de poilus et l’école de Machilly va en réaliser un aussi. Aujourd’hui nous avons choisi de nous pencher aussi sur le quotidien de leurs épouses et quelles nouvelles elles partageaient avec eux pour leur donner des nouvelles de leur foyer. Voici les écrits de l’une d’entre elle : Mme Claire Glise, l’arrière-grand-mère de notre conseillère municipale Eve Béguin …


Correspondance Jean et Claire GLISE

1- Lundi 5 avril 1915

Mon cher mari

Je fais réponse à ta jolie carte que j’ai reçu ce matin, ça me fait toujours un très grand plaisir d’avoir de tes nouvelles pour la santé est assez bonne j’espère que tu en soi de même. Hier jour de Pâques je t’ai écrit une longue lettre je pense que tu la recevras bien. Camille me parle toujours de toi, souvent elle me demande si j’ai reçu une lettre. Beaucoup de voisins te demandent après toi Reçois mon cher Jean un gros baiser de ta femme qui pense à toi. Claire

2- Paris le 20 mai 1915

Mon cher Jean,

Je t’écris quelques mots pour te donner un peu de nos nouvelles qui sont toujours assez bonnes pour le moment. J’espère que ma carte te trouve de même. Avant-hier j’ai eu la visite d’un soldat qui venait de la part de ton frère Joseph me donner le bonjour. Joseph va toujours bien. Il est dans la Somme. Il n’est pas trop mal non plus. Je t’écrirais une lettre demain. Ce matin j’ai été chercher les sacs chez Leclerc. Il y en avait un peu. Je termine car j’ai beaucoup d’ouvrage en bas. Ta femme qui t’embrasse bien fort. Claire

3- Paris le 25 mai 1915

Mon cher Jean

Je fais réponse à ta lettre du 21 que j’ai reçu ce matin. Elle m’a fait un très grand plaisir de recevoir de tes nouvelles, pour nous la santé est toujours à peu près pareille. J’ai bien appris ces jours derniers qu’il y avait eu quelques morts au Chamberanger, je crois que qu’il y a aussi Joseph Vian qui a été tué et d’autres que je ne connais pas-Pour quant à Joseph Bouffier je n’ai pas vu sa femme depuis à peu près 15 jours et la dernière fois que je l’ai vu ça faisait 24 jours qu’elle n’avait pas de nouvelles, et depuis je l’ai pas vu- Je n’ai pas d’autres nouvelles à qui te dire. Hier nous avons eu la visite des Boulanger, ils te donnent bien le bonjour. Je ne t’en dis pas davantage pour aujourd’hui. Reçois mon cher Jean des gros baisers de ta femme qui t’embrasse. Claire

4- Paris le 25 juin 1915

Mon cher Jean

Je fais réponse à la lettre du 17 que j’ai reçu ce matin. Je suis toujours très heureuse de recevoir de tes nouvelles. Tu dois avoir reçu ma lettre que je t’ai faite hier t’annonçant la mort de papa. Tu me demandes s’il me parlait de toi, oui très souvent il me demandait tous les jours si j’avais de tes nouvelles. Tu voudras bien me dire si tu n’as toujours pas des pays avec toi, car je crois qu’il y aurait quelqu’un que tu connais bien, il me semble que vous pourriez vous encouragez l’un et l’autre. Je ne t’en dis pas de plus pour aujourd’hui. Je suis toujours ta femme qui t’aime à la folie. Claire

5- Paris le 21 juin 1917

Mon cher beau-frère, en réponse à votre lettre que j’ai reçu il y a quelques jours qui m’a trouvé en bonne santé et heureuse de vous savoir de même. Quant à mon mari, il va assez bien, il est à Berry au Bac en ce moment, il est aussi venu en perme il y a un mois et voici son adresse puisque vous l’avez perdu (…) Et vous pourquoi n’avez-vous pas passé par Paris en revenant de perme, ça nous aurait fait plaisir de vous revoir. Le commerce va toujours un peu. Les grèves sont à peu près terminées à présent et beaucoup de personnes croyaient que nous aurions eu la révolution mais ça s’est calmé. Je profite de cette carte pour vous souhaiter une bonne et heureuse fête et vivement la fin de cette guerre, ce serait le mieux. Les parents d’ici vous donnent le bonjour, je vous embrasse Claire

COMMUNE DE MACHILLY