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Coronavirus: A Genève, l’OMS lutte contre les fake news

Inquiète, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) prend les choses en main face à l’ »infodémie massive », avalanche d’informations, au sujet du coronavirus. Pour aider à dénouer le vrai du faux, elle a lancé une large campagne sur les réseaux sociaux, a-t-elle annoncé dimanche soir.

Cette initiative vise à répondre aux publications et remarques diffusées et partagées sur Facebook, Twitter et compagnie. Ainsi à la question de savoir si la consommation d’ail peut aider à lutter contre le coronavirus, l’OMS répond qu’il n’y a aucune preuve que cela soit le cas.

La fumée des feux d’artifice n’aide pas non plus à lutter contre l’agent pathogène, souligne l’organisation. Et la prise préventive d’antibiotique ne sert à rien: ceux-ci fonctionnent contre les bactéries pas les virus. Côté pratique, la prise en charge de lettres ou de colis en provenance de Chine est inoffensive, souligne l’OMS. Le virus ne survit pas longtemps sur de tels objets.

Sur une page internet spécialement dédiée au sujet, l’OMS conseille, entre autres, de se laver les mains régulièrement, même si les mains ne sont « pas visiblement sales ». Les malades doivent éternuer dans le creux de leur bras ou dans un mouchoir et jeter ce dernier dans une poubelle fermée. Le tout est illustré sous forme de petites vignettes facilement compréhensibles, publiées aussi sur les différents réseaux sociaux.

Trois cent soixante-et-un morts: le bilan du nouveau coronavirus dépasse désormais celui du Sras en Chine continentale où devait s’ouvrir lundi un hôpital construit en un temps record pour faire face à l’afflux de malades. Le bilan total est de 362 morts.

Dix jours après la mise sous cloche de Wuhan, la métropole géante à l’épicentre du virus qui s’est diffusé dans 24 pays, la Commission nationale de la santé a fait état d’un bilan de 361 morts, dont 57 décès supplémentaires lors de la seule journée de dimanche.

Il y a désormais en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao) plus de morts dus à ce coronavirus qu’à l’épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui y avait fait 349 victimes en 2002-2003. Le bilan quotidien de 57 morts est également le plus lourd depuis le début de l’épidémie en décembre.

Le virus a en outre fait un mort pour la première fois en dehors de Chine: un Chinois de 44 ans originaire de Wuhan qui a succombé aux Philippines, avait annoncé dimanche matin l’OMS. Le bilan total s’établissant ainsi à 362 morts.

Télétravail

En Chine, si la série de 10 jours fériés s’est achevée théoriquement dimanche, le pays continuait à fonctionner au ralenti, beaucoup d’entreprises ayant prolongé d’office les congés d’une semaine ou permis à leurs employés de travailler à la maison. Et les places boursières, affolées par la paralysie du pays et des perspectives économiques en berne, ont rouvert en forte baisse, perdant près de 9%.

A Shanghai, capitale économique du pays, un immeuble de bureaux interdisait ainsi aux salariés d’accéder à leur lieu de travail, citant un arrêté municipal repoussant la reprise de l’activité au 10 février. A Pékin, où la quasi-totalité des habitants se recouvrent le visage d’un masque de protection, les quartiers d’affaires restaient largement déserts, avec une circulation automobile très inférieure à celle d’un week-end calme.

Des contrôles de la température corporelle ont lieu systématiquement aux entrées d’immeubles de bureaux ou de lieux publics comme les parcs. Le gouvernement a octroyé trois jours de congés supplémentaires dans l’espoir de retarder le retour vers les villes des centaines de millions de travailleurs migrants retournés dans leur province pendant le Nouvel An lunaire. Ces derniers ont cependant commencé à regagner progressivement les grandes métropoles du pays.

Un hôpital en 10 jours

Le nombre d’infections confirmées en Chine a grimpé à plus de 17’200, dépassant largement celui du Sras, qui avait tué au total 774 personnes, majoritairement en Chine continentale et à Hong Kong. La très grande majorité des décès et des cas de contamination par le nouveau coronavirus sont à déplorer à Wuhan et dans sa province, le Hubei, où quelque 56 millions d’habitants sont coupés du monde depuis le 23 janvier.

Face à un système hospitalier débordé, la ville devait accueillir lundi de premiers malades dans un hôpital comprenant un millier de lits construit dans le délai record de 10 jours. La construction de cet « Hôpital de la montagne du Dieu du Feu » a eu lieu à grand renfort de propagande, avec des images diffusées en boucle à la télévision. Un autre hôpital encore plus grand (1600 lits) est en construction dans la ville. Il doit ouvrir ses portes dans quelques jours

Cinq Suisses rapatriés

De nombreux pays ont multiplié les mesures de protection: Etats-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Irak et Israël et les Philippines notamment ont interdit l’entrée sur leur territoire aux étrangers s’étant récemment rendus en Chine. Mongolie, Russie et Népal ont fermé leur frontière terrestre avec la Chine.

Parallèlement, les opérations de rapatriement d’étrangers se poursuivent: un deuxième avion français ramenant des passagers de 30 nationalités différentes, dont cinq Suisses, de Wuhan a atterri dimanche dans le sud-est de la France. Et un avion transportant 167 Marocains a atterri au Maroc.

Radio Lac