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Comment Genève veille sur son patrimoine

La Cour des comptes a évalué la politique de protection du patrimoine du canton de Genève. Dans le cadre de la construction de logements, elle préconise de se concentrer sur des secteurs identifiés pour leur valeur tant architecturale que naturelle, au lieu d’intervenir au bout du processus.

« Les autorités tendent à réagir trop tard, dans le cadre des préavis des autorisations de construire, ce qui donne lieu à d’interminables procédures judiciaires », a relevé mardi devant les médias François Paychère, président de la Cour des comptes. Résultat: des objets exceptionnels n’obtiennent pas la protection qu’ils mériteraient.

Pour la Cour, la dimension patrimoniale doit être prise en compte en amont du processus de densification, afin de conserver les noyaux d’un intérêt particulier. La question est très sensible à Genève, où l’expansion démographique, la valeur élevée des terrains constructibles et l’obligation de préserver les surfaces agricoles soumettent les quartiers de villas périphériques à une forte pression.

François Paychère Président de la Cour des comptes

« Forêt de normes »

La Cour des comptes a étudié les communes de Chêne-Bougeries, Chêne-Bourg, Meyrin et Vernier, riches en patrimoine et connaissant une forte urbanisation. Elle considère qu’il faut avoir le courage de définir des périmètres à protéger, en intégrant mieux le paysage et en dialoguant avec les propriétaires. Cette démarche implique de laisser d’autres secteurs moins intéressants évoluer.

Genève dispose pourtant de multiples instruments de protection, « une véritable forêt amazonienne de normes », selon M. Paychère. Mais ils portent surtout sur les caractéristiques architecturales des bâtiments, au détriment des aspects territoriaux, historiques et paysagers. Or ceux-ci sont eux davantage valorisés par la population, comme le prouvent les protestations contre l’abattage d’arbres.

Antonio Hodgers Président du Conseil d’Etat

Le Département du territoire a accepté les quatre recommandations de la Cour. Le conseiller d’Etat Antonio Hodgers a assuré que la pratique a évolué par rapport aux cas problématiques, comme celui de la densification du quartier des Allières, où 22 arbres centenaires ont été coupés en 2019. A la même époque, le canton a instauré un moratoire sur la densification de la zone villas, afin de favoriser des projets de qualité.

Antonio Hodgers Président du Conseil d’Etat

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