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22% des Genevois ont développé des anticorps contre le Covid-19

Plus d’un cinquième des Genevois (22%) ont développé des anticorps contre le Covid-19, selon l’étude de prévalence des HUG et de l’UNIGE. Même si l’immunité a doublé en six mois, elle reste très insuffisante pour protéger la population dans les mois à venir. Un appel à la vigilance est lancé pour les fêtes.

Ce taux de 22%, au 12 décembre, est à comparer à ceux de 6%, évalué à mi-avril, et de 11% en juin, indiquent jeudi les auteurs de l’étude, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et l’Université de Genève (UNIGE). Ces nouveaux résultats montrent que, malgré la circulation active du nouveau coronavirus depuis septembre, la majorité de la population genevoise n’y a pas encore été exposée.

Les moins touchés ont été les très jeunes enfants (0-6 ans) et les personnes âgées de plus de 65 ans. Les deux présentent une séroprévalence inférieure à la moyenne: respectivement 15% pour les enfants de moins de 6 ans, 14% pour les adultes de 65 à 74 ans et 10% pour les plus de 75 ans.

Les plus exposés ont été les jeunes entre 18 et 35 ans. Plus d’un quart d’entre eux ont développé des anticorps contre le coronavirus: 28% pour les 18-25 ans et 27% pour les 25-35 ans.

Différences entre les vagues

Responsable de l’Unité d’épidémiologie populationnelle aux HUG, la doctoresse Silvia Stringhini constate que le taux de séroprévalence chez les enfants âgés de plus de 6 ans (23%) est quasiment identique à celui de la population générale. Il diffère grandement des résultats obtenus à la fin de la première vague, ce qui s’explique probablement par le fait que les écoles sont restées ouvertes durant la deuxième.

L’épidémiologiste en conclut: « Même si les enfants développent rarement des formes graves de la maladie, ils s’infectent probablement autant que les adultes et ils transmettent le virus de la même façon ».

Consignes davantage respectées

Du côté des personnes âgées, surtout chez les plus de 75 ans, le taux de séroprévalence est très faible. Une constatation en partie liée à une plus faible réponse immunitaire des aînés et au fait que cette catégorie de la population respecte davantage les consignes d’isolement et de distanciation sociale.

D’où l’appel à la vigilance lancé par Silvia Stringhini pour les fêtes: « Cette faible immunité chez les personnes de plus de 65 ans, combinée au fait que les enfants s’infectent aussi facilement que les adultes, devrait nous inciter à une extrême prudence dans les rencontres intergénérationnelles ».

Immunité acquise lentement

Selon le professeur Laurent Kaiser, médecin-chef du Service des maladies infectieuses des HUG, « cette immunité reste insuffisante pour protéger l’ensemble de la population genevoise dans les semaines et mois à venir ». Pour lui, il s’agira de savoir si elle dure à long terme ou si elle décline après deux ans, mais aussi de connaître la proportion des personnes qui se feront vacciner sous peu.

Cette étude prouve également que l’acquisition d’une immunité par une population, capable de freiner la propagation d’un virus, prend du temps. Et le communiqué de préciser que des participants sont recrutés jusqu’au 23 décembre en vue d’obtenir des estimations encore plus précises dans les semaines à venir.

Les enquêtes de séroprévalence servent à mesurer la proportion de la population déjà exposée au coronavirus. En revanche, elles ne permettent pas de conclure à une immunité totale ou partielle contre ce dernier, ni de présager sur sa durée.

Source: ATS

Radio Lac