Accueil Revue de presse Y a-t-il vraiment eu un pic de pollution à Genève?

Y a-t-il vraiment eu un pic de pollution à Genève?

A quelques heures de la fin des mesures de lutte contre la pollution à Genève, le TCS a publié ce lundi soir un communiqué lapidaire dans lequel il dénonce une situation bancale entre les faits et la réponse des autorités. Alors que le dispositif de circulation différenciée est en place depuis jeudi dernier, la situation météo, à l’origine du smog, a largement évoluée à la faveur de la pluie et d’un vent depuis ce week-end. En l’occurence, était-il judicieux de prolonger les mesures antipollution ce lundi à Genève?

Un paradoxe entre la réalité et la réponse politique constaté par la rédaction de Radio Lac

En début de journée sur l’application officielle Air2G2, Genève bénéficiait d’une qualité de l’air parfaitement bonne. L’annonce en bas de page mentionnant un épisode de pollution ne paraissait pas approprié.

Consultation de la qualité de l’air à Genève le lundi 27 janvier au matin sur l’application Air2G2

Pour ajouter à la confusion, nos voisins de France Voisine, exposés aux mêmes paramètres atmosphériques avaient levé leur dispositif dimanche. Le département français de Haute-Savoie (74) plaçait le bout du lac en situation normale avec une bonne qualité de l’air.

Lundi soir, le TCS a choisi de passer à l’offensive par le biais de son service de communication, un communiqué titré  « Il n’y a pas eu de pic de pollution à Genève ».

 » La Section Genève du TCS constate que le département du territoire a déclenché des
mesures de circulation différenciée entre jeudi 22 et lundi 27 janvier sans justification.
Un dispositif qui n’a par ailleurs montré aucun effet. Les valeurs d’information et d’activation d’un dispositif d’urgence sont définies dans l’ordonnance OPAIR de la loi fédérale sur la protection de l’environnement. Celle-ci stipule qu’une information doit être donnée à la population lorsque, pour les particules fines, le seuil de 75 microgrammes par m3 (μg/m3) est atteint. Pour prendre des mesures, ce seuil doit encore être bien plus élevé (100 à 150 μg/m3 dans trois stations sur au moins deux cantons).

Une mesure inutile et inefficace pour les particules fines.

Or, sur les cinq stations de mesures genevoises, aucune n’a affiché de telles valeurs lorsque le
département du territoire a décidé de déclencher son dispositif. Toutes les valeurs sont restées
autour de 50 μg/m3, ou en-dessous, à l’exception d’un seul jour, pour celle du Foron, qui se
trouve en dehors de la Ville de Genève. Le service de protection de l’air et des rayonnements non ionisants déclarait en 2014 que s’il déclenchait une alerte entre 50 et 75 μg/m3, il ne serait plus crédible.

La décision prise la semaine dernière est d’autant moins compréhensible qu’elle s’est appliquée au centre de la Ville de Genève (U lacustre excepté…), alors que les mesures de particules fines sont restées autour de 50 μg/m3 en milieu urbain et sont restées stables pendant tout le dispositif. Il convient de rappeler enfin que s’agissant des particules fines, la part effectivement due à la combustion des moteurs des véhicules routiers (voitures, véhicules de transport légers et lourds) est de 4,5% seulement. Si un pic de pollution aux particules fines devait se produire à Genève, ce qui est peu probable, le TCS, qui a recouru contre ce système de macaron Stick’Air contraire au droit fédéral, estime que la circulation alternée serait bien plus efficace, avec la bureaucratie en moins. »

Radio Lac