Accueil Revue de presse Unia dénonce une situation alarmante sur les chantiers à Genève

Unia dénonce une situation alarmante sur les chantiers à Genève

Alertés par la situation sur les chantiers en Suisse en pleine deuxième vague, les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Le canton de Genève ne tire pas son épingle du jeu. Les syndicats dénoncent de nombreux abus et un manque de contrôle des normes sanitaires. L’Etat réfute ces affirmations.

La situation sur les chantiers en Suisse en pleine deuxième vague est accablante. C’est ce qui ressort d’un bilan effectué aux niveau national par le syndicat Unia. Et Genève ne tire pas son épingle du jeu. Distances non respectées, peu de masques, pas de quarantaine en dépit de collègues testés positifs, installations sanitaires qui laissent à désirer, voilà le sombre panorama qui alarme les syndicats. Ceux-ci ont demandés plus de contrôles sur les chantiers qui sont trop rares et souvent annoncés à l’avance. Les précisions de José Sebastiao, secrétaire syndical d’Unia pour le secteur de la construction.

José Sebastiao  Secrétaire syndical d’Unia pour le secteur de la construction

 

Rattraper les délais

Un manque de contrôles que ne comprennent pas les syndicats. D’autant plus que selon eux de nombreux chantiers doivent travailler sous une pression écrasante. Unia dénonce notamment des heures supplémentaires et des journées de douze heure pour se conformer aux délais d’avant la première vague. Une situation qui ne s’était pas produite lors de la première vague au mois de mars comme l’explique José Sebastiao.

José Sebastiao  Secrétaire syndical d’Unia pour le secteur de la construction

 

Des ouvriers non protégés

À cette pression extrême, s’ajoute une façon de travailler qui n’est pas adaptée au respect des normes sanitaires en vigueur. Ainsi, la distanciation sociale est difficilement respectée et le port du masque n’est pas utilisé de manière systématique lorsque la distance ne peut être maintenue. À ce titre, le syndicat estime que davantage de tests de dépistage de la Covid-19 doivent être réalisés pour protéger les travailleurs car les chantiers deviennent de véritables clusters. Ecoutez José Sebastiao.

José Sebastiao Secrétaire syndical d’Unia pour le secteur de la construction

 

L’Etat conteste ces affirmations

Bien qu’il ne souhaite pas réagir outre-mesure, l’Etat réfute ces accusations. « Nous travaillons en concertation avec l’Inspection paritaire des entreprises (IPE) qui fait en permanence un travail sur le terrain pour expliquer les bonnes pratiques », explique Laurent Paoliello chargé de communication au Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé. Pour rappel, l’IPE est un organe de contrôle des conditions de travail sur le canton de Genève. Il n’est ni un organe de défense des travailleurs, ni un conseil aux entreprises. La structure est amenée à contrôler des situations dénoncées auprès d’elle tant par les syndicats de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) que par les organisations de l’Union des associations patronales genevoises (UAPG).  Laurent Paoliello poursuit:  » l’IPE envoie des gens sur le terrain, fait des contrôles et consulte les partenaires sociaux pour obtenir des consensus constructifs. Récemment encore, nous avons rappelé les gestes à adopter en ce qui concerne les cabanes de chantiers comme prévoir du gel hydroalcoolique ou de laisser suffisamment d’espace à l’intérieur. »

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