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Répression de manifestations à Genève: des abus policiers dénoncés

La Coordination genevoise pour le droit de manifester dénonce les abus policiers lors des manifestations. Elle avait déjà publié un rapport accablant en décembre 2019. Elle appelle à ne plus déposer de demandes d’autorisation auprès du canton comme l’exige la loi.

La police genevoise réprimerait systématiquement le droit de manifester. C’est ce que dénonce la Coordination genevoise pour le droit de manifester (CDGM). Ce regroupement de partis politiques de gauche ainsi que de plusieurs syndicats et d’associations a publié un rapport en décembre 2019 sur la régression de la liberté de réunion pacifique à Genève entre 2015 et 2019. Les forces de sécurité auraient fait preuve de dissuasion envers les manifestants ainsi que d’un usage démesuré de la force.

Lire aussi: Un rapport dénonce les abus policiers envers des manifestants

Pour le collectif, le traitement policier envers ces manifestations est purement arbitraire. Le détail avec Thibaut, membre du collectif Le Silure.

Thibaut Membre du collectif Le Silure

 

Restrictions, intimidations, sanctions

Selon la CDGM, la police cantonale genevoise ferait tout pour dissuader les manifestations. Elle interdirait notamment certains itinéraires, empêcherait les manifestations devant des lieux symboliques comme les ambassades tout cela sans justification apparente. De nombreuses amendes d’ordre sont délivrées pour non respect de la loi, bien qu’elle soient systématiquement cassée par la justice. Des méthodes et des agissements qui intimident les organisateurs. Organiser une manifestation devient alors un véritable parcours du combattant. Le détail avec Raphaël Roux, membre de l’Association des juristes progressistes.

Raphaël Roux Membre de l’Association des juristes progressistes

Pour rappel, les conditions pour manifester ont été durcies à l’initiative d’Olivier Jornot, député libéral devenu procureur général. Votée en 2012, la nouvelle loi exige le dépôt du nom d’un organisateur et la mise en place d’un service d’ordre. La police peut imposer un itinéraire en fonction des risques et procéder à des contrôles préventifs. En cas de débordements, l’organisateur risque jusqu’à 100’000 francs d’amende. Selon la coordination, les restrictions sont plus importantes depuis 2019, quand la charge de la police et la sécurité est passée du conseiller d’Etat Pierre Maudet à son collègue Mauro Poggia.

La CGDM appelle aussi à rejoindre vendredi la Critical Mass. Ce rassemblement, qui voit des cyclistes défiler – sans autorisation – chaque dernier vendredi du mois pour dénoncer l’emprise du trafic motorisé sur l’espace public, fait l’objet d’une répression systématique et répétée, selon elle. Il a été empêché en mai au nom de la crise sanitaire, tandis que 21 cyclistes ont été interpelés en juin et 10 en juillet.

MH avec ATS

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