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Les porteurs de journaux d’Epsilon protestent contre une baisse de salaire

Les porteurs de journaux d’Epsilon, filiale de La Poste, ont protesté ce matin devant les locaux du géant jaune de Montbrillant. La raison: une baisse de salaire alors qu’ils ont continué à distribuer chaque matin les journaux aux abonnés pendant la pandémie de Covid-19. Une décision malvenue au moment où les Chambres fédérales débattent de l’aide indirecte à la presse. Elle prévoit notamment une subvention à hauteur de 40 millions de francs à la distribution de journaux. 

Les porteurs et porteuses de journaux en ont gros sur le coeur. Alors qu’ils ont continué à travailler pendant toute la durée de la pandémie de Covid-19, ils font face aujourd’hui à une baisse de salaire. Deux cent porteurs de journaux sont concernés par cette restructuration, 80 à Genève et 120 à Lausanne. Un plan jugé injuste pour des salariés déjà fragilisés comme l’explique Anna Gabriel, secrétaire syndicale pour UNIA.

Anna Gabriel Secrétaire syndicale d’UNIA

Le syndicat UNIA exige aujourd’hui le retrait de ce plan de restructuration.

Faux prétexte

Pour rappel, début mai La Poste, propriétaire d’Epsilon, a annoncé au personnel genevois et lausannois des baisses de salaire. Le motif de cette restructuration: le déficit chronique de la distribution matinale des journaux, mis à mal par la crise que traverse la presse actuellement. Un faux prétexte pour Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’UNIA, qui rappelle les subventions à venir de la part de la Confédération.

Alessandro Pelizzari,  Secrétaire régional d’UNIA

 

La Poste déjà épinglée

En 2018 et 2019, une longue lutte des employés d’Epsilon contre une baisse de salaire avait porté ses fruits. L’entreprise s’était vue contrainte de payer les salaires minimums du contrat type de travail et 600’000 francs d’arriérés. La Poste avait écopé d’une amende de 180’000 francs pour non-respect du salaire minimal.

Subventions fédérales

La balle est désormais dans le camp du Conseil National. Le Conseil des Etats a déjà voté le principe de subvention de 40 millions de francs qui doit notamment servir à couvrir les déficits de cette prestation. Mais pour le Conseiller national socialiste Christian Dandrès, pas question pour la Confédération de subventionner un dumping salarial. Il pointe du doigt le double jeu de La Poste qui souhaite profiter en tant que régie fédérale d’une subvention fédérale, mais qui soustraite une partie du service public à des filiales qui pratiquent une politique salariale douteuse.

Christian Dandrès Conseiller national socialiste

 

La Poste ouverte à la discussion

Contactée, La Poste Suisse a indiqué être en discussion avec tous les partenaires sociaux. Elle se dit également prête à recevoir leurs suggestions et recommandations jusqu’au 10 juillet prochain. Les précisions sur la situation d’Epsilon de la porte-parole de La Poste Suisse Nathalie Dérobert.

Nathalie Dérobert Porte-parole de La Poste Suisse

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