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Le monde de demain: la culture s’invite chez vous

Si vous n’allez pas au musée, c’est le musée qui vient chez vous… Et c’est le monde de demain.

Benoît Rouchaleau Le monde de demain

A défaut de pouvoir ouvrir leurs lieux au public, les institutions culturelles genevoises ont multiplié les initiatives originales pendant ce confinement pour maintenir un lien avec le public, sous le hashtag #CultureChezVous : on a ainsi vu fleurir quantité de vidéos qui nous ont, notamment, emmené dans les coulisses du Musée de la Croix Rouge ou du Grand Théâtre, nous ont teasé un documentaire du FIFDH, nous ont fait découvrir les collections de la fondation Bodmer ou du MAMCO et même convié à une visite téléphonique d’une expo au Musée de l’Ariana. Mieux même, nos salons sont devenus de véritables galeries d’art avec le musée d’art et d’histoire de Genève qui a trouvé le moyen de faire voyager les œuvres d’une manière inédite. Un dispositif a spécialement été conçu pour cette opération baptisée “MAH chez vous” avec un site dédié. Il suffit d’envoyer une photographie d’une pièce de votre maison que vous souhaitez voir décorée d’une œuvre que vous avez préalablement sélectionnée dans les collections en ligne du musée et magie, votre cliché est agrémenté de l’objet choisi et de liens vers des contenus audio et vidéo. Marc se retrouve ainsi avec le tableau du cerisier de Ferdinand Odler (air) au dessus de sa commode. Isabelle avec une bouteille du nouvel empire sur sa table basse. Et Anne avec une statue romaine grandeur nature dans son atelier. 

Est-ce que ce sont des idées qui pourraient être reconduites à l’avenir? 

En tout cas le lien entretenu par les institutions culturelles genevois pendant le confinement a séduit. Le Musée d’art et d’histoire a, par exemple, reçu une 50aine de photos depuis le début de l’opération à Pâques. De quoi convaincre le directeur Marc-Olivier Walher de poursuivre l’expérience après la réouverture du musée, d’ailleurs il assure que l’idée ne servait pas seulement à combler la fermeture du MAH, c’était aussi un moyen de montrer ces objets dans un espace différent, dans le quotidien des visiteurs. On le sait, les musées réfléchissent beaucoup à leur extension physique mais aussi numériques par des visites virtuelles ou à 360 degrés. C’est spectaculaire mais Marc-Olivier Walher regrette le côté désincarné, sans lien réel… Demain, on pourrait donc voir fleurir plus de propositions culturelles immersives, inclusives ou participatives. 

 

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