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Genève: un enseignant bel et bien révoqué pour harcèlement sexuel

Suite aux conclusions d’une enquête administrative, le Conseil d’Etat genevois a révoqué en juillet 2018 un enseignant du collège de Saussure pour harcèlement sexuel. La Chambre administrative de la Cour de justice a confirmé la sanction en novembre, comme l’a révélé jeudi Le Courrier.

Fin 2017, une ex-élève du collège a dénoncé l’enseignant auprès du Département de l’instruction publique, rappelle l’arrêt de la Chambre administrative du 5 novembre 2019. Une enquête administrative a été ouverte. L’enseignant a admis avoir envoyé à trois élèves, entre 2013 et 2016, des messages à connotation sexuelle et, à l’une d’elles, une vidéo de lui se masturbant sous la douche.

Cette affaire avait été rendue publique début 2018, dans le sillage de l’affaire Tariq Ramadan. L’islamologue, accusé par d’anciennes élèves d’abus sexuels, avait enseigné dans les années 1990 dans le même établissement du post-obligatoire du canton de Genève.

Faute grave

Au vu des faits, le Conseil d’Etat a prononcé en juillet 2018 la révocation de l’enseignant avec effet rétroactif au 7 février 2018, date de l’ouverture de l’enquête administrative. Le fonctionnaire a recouru contre cette sanction, la plus lourde prévue par la loi. Il contestait avoir violé ses devoirs de services, son comportement ayant eu lieu dans un cadre privé et librement consenti.

Pour la justice, son comportement « constitue sans conteste une violation du devoir de fidélité » et « dépasse le cadre de sa mission d’éducation ». « Le devoir de fidélité de l’enseignant ne s’arrête pas au comportement qu’il doit adopter à l’école, mais se rapporte également à celui qu’il doit observer en dehors de celle-ci, sous peine de le vider de toute substance », note-t-elle.

« Le comportement du recourant porte ainsi une grave atteinte à l’image que l’enseignant doit véhiculer envers ses élèves », peu importe le fait que les trois femmes aient été majeures et qu’elles aient, ou non, répondu à ses messages, poursuit la Chambre. Et de conclure que sa faute est « grave et de nature à ébranler le rapport de confiance devant exister entre l’Etat et ses fonctionnaires ».

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